13/09/2005

Retour d’été.

En été, on s’efforce à mettre son cerveau en disponibilité. Forcément, ça prédispose à regarder TF1 (argh, voilà que je m’y mets). Principalement la forme maîtresse de la saison, la télé réalité. 6 ans que ça dure. Et force est de constater que cette fois, le format a atteint sa forme définitive. Pour notre (mon ?) plus grand malheur, cette forme est morale.

 

On commence par le traditionnel pire, les productions GLEM, celles qui ont toujours symptomatisé le genre de saison en saison. Cette année on a donc eu droit au gros beauf chargé de séduire une famille bien petite-bourgeoise comme il faut. Ca a pas raté, la déception a vite frappé. Evacuée le terrible (et donc jouissif) cynisme de la volière macho de Greg et son succédané déjà moraliste de l’année suivante. Place à la bonne grosse morale pure, énervante. Restait à évacuer le seul problème qui peut fâcher : l’argent, qui devient vite le vrai sujet caché de l’émission. Comment faire pour que le spectateur n’y pense pas ? Le gaver de jugements moraux, évidemment.

 

Inonder le spectateur de jolie petite morale, voilà ce que réussit avec de plus en plus d’efficacité l’Ile de la Tentation. Et cette année, alléluia, on l’a eu, notre couple transi d’amour. Avec même la sherry on the cake : l’image même de l’amour transi. Ce jeune homme qui, littéralement, tombe d’amour, sous une musique quasi-christique, voilà bien tout le projet de la télé-réalité arrivé à son paroxysme : faire entrer ses participants dans le moule moral télévisuel, faire entrer les gens en « cathodicisme ». Seul problème de taille, arrivé trop tôt, l’épisode a fait perdre tout le (très petit) intérêt de la série. Il reste un peu de fine-tuning pour la prochaine saison…

 

Il ne fallait déjà pas être devin pour savoir que la télé réalité n’avait de réel que le nom, que son rôle était de faire endosser à ses participants les rôles d’une fiction pré-formatée. Il s’agit en plus de leur faire remplir une case sociologique ou une idée. C’était là tout le sujet de ce Koh-Lanta – qui n’a jamais pu bien longtemps céder au pêché mignon de la moralisation - : la représentation et l’œuvre bienfaitrice de la télévision. Oui, un arabe des banlieues peut être un homme bien. Oui, le 3e âge peut en remontrer aux petits jeunes. Oui, un gendarme raciste peut devenir ami avec un arabe. Oui, un monstre d’égocentrisme peut finir par mouiller son kleenex comme une ménagère devant Plus belle la vie.

 

2 conclusions : la fin du format est proche et la France devient décidément bien rance.


21:07 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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