13/06/2005

Jeunet: l'obsession mécaniste.

Peut-être plus que la pauvre Amélie Ripolin, Un Long Dimanche de Fiançailles révèle tout ce qui fait le système Jeunet: pas grand-chose.Un plan, aussi étrange qu'inutile, donne cette clé: vers la fin du film, une bombe explose dans un hôpital de fortune. Au bout d'un zoom, Jeunet montre l'intérieur de la bombe, son mécanisme qui s'enclenche.
 
Tout, dans ce film comme dans les autres, relève chez Jeunet de la fascination pour la mécanique: l'insert sur le fonctionnement de la main mécanique du barman, les réponses de l'héroïne sortant comme par automatisme ("feu mes parents"), jusqu'au programme têtu qu'elle s'impose, qui ne se révèle au cours du film comme rien de plus que ça: un programme.
 
Au point de réduire ses personnages à une série de gestes (au mieux une caractéristique, une seule), les sentiments à un vulgaire transfert d'objets (Poulain, encore). Avec pour seul horizon le phantasme de la maîtrise, d'un monde réduit à sa part la plus prévisible, à un fonctionnement bien huilé, où une cause appelle un effet. D'où ce retour vers le passé, qui me paraît maintenant plus comme ce désir de maîtrise totale que comme une vision réac du monde. Quoique: est-ce que ce n'est pas ça, finalement, être réactionnaire?
 
 
p.s.: il n'y a que dans un film, sans doute son film le plus raté, où le système Jeunet arrive à quelque chose d'un tant soit peu intéressant. Toute la première partie d'Alien 4, où il s'amuse à faire fonctionner les jouets qui ont été mis à sa disposition, à filmer les machines en train de fonctionner. C'est dans cette logique un peu froide de grand gamin qui s'amuse tout seul que Jeunet est le plus touchant.


09:51 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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