28/04/2005

Le monde au bout du 1 et du 0

Chaque lecture de la grande machine à se faire peur me porte toujours dans râlerie noire. Il y a, en gros, jamais rien qu'on se sache déjà confusément, mais la remise à plat est souvent effrayante. D'autant plus que les réponses semblent toujours dérisoires.
 
A la lecture de cet article sur Google (http://www.monde-diplomatique.fr/2003/10/LAZULY/10471), de vieilles choses fondamentales apprises à l'école me sont revenues à l'esprit:
 
1. le réel n'existe pas, il n'y a que des signes.
 
2. celui qui arrivera à prendre la maîtrise des signes (et leur transformation en modéle mathématique est un moyen redoutable) maîtrise notre vision du monde.

22:22 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/04/2005

NGJ will save your day.

Ouf, moi qui me lamentais de la disparition de Gaming de son glorieux essai de conceptualisation de la critique de jeu vidéo, et qui me sent toujours aussi fainéant pour lire Edge chaque mois, voilà que je lis sur le blog d'Erwan Cario (http://jeux.blogs.liberation.fr/) le dévellopement du concept de New Games Journalism qui a donné lieu à une sorte de manifeste:
 
«1) L’intérêt dépend du joueur, non du jeu.
2) Il faut écrire des articles de voyage vers des lieux imaginaires.
»
 
En clair, le triomphe du subjectivisme au détriment de concepts - souvent fumeux, il faut le dire - de gameplay et de moteur de jeu. Avec, derrière tout ça, l'idée qu'un jeu puise à priori décevoir, qu'il échappe à la loi de l'immédiateté, et qu'il ne se révèle réellement qu'à la réflexion. Pour le dire par un détour facile, qu'on traite le jeu vidéo comme forme culturelle plutôt que de le proclamer à tout bout d'article pour reproduire in fine le même type de critique.
 
Et ça donne des articles roboratifs comme cette défense du mal aimé Metal Gear Solid 2 par Tim Rogers (http://www.insertcredit.com/features/dreaming2/; article qui me réconforte dans l'idée que ce jeu est le plus De Palmien des jeux) ou cette re-vision de Prince of Persia dans Edge (http://www.edge-online.co.uk/archives/2005/02/prince_of_p...).
 
Bon, il va bien falloir que je me remette sérieusement à lire en anglais.

21:30 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

19/04/2005

Je baisse

Bon, c'est vrai, ces derniers temps, j'ai pas la pêche.
 
Ce week-end, donc, petite cure d'hollywoodisme bien gras: I, Robot, The Butterfly Effect et Star Wars II (sur celui-là ma chère et tendre a insisté mais il fallait quand même bien que je le revoie vu que je ne vais sans doute pas snober le suivant).
 
Bon, dans l'ensemble, c'était nul - même si on peut entrevoir timidement une petite velléité d'auteur qui tente de surnager dans I, Robot : cette même volonté de perte de repères spatiaux que dans le beau Dark City.
 
The Butterfly Effect est un bon gros film de scénaristes malins qui n'offre rien de plus que ça (malgré une fin conceptuellement assez couillue). Quand au Star Wars, c'est en fin de compte de la SF pulp qui ressemble - volontairement, c'est clair - plus à une production De Laurentiis qu'au summum de la technologie visuelle.
 
Mais ce qui m'a frappé le plus, vu l'accumulation qui se donnait sous mes yeux, c'est l'uniformisation formelle des scénarios. De film en film se rejoue le même principe: diluer le plus astucieusement possible 2-3 éléments simplistes, 2-3 références compréhensibles par tous (la Bible, les contes pour enfants), juste histoire de donner l'illusion qu'on a fait appel à notre intelligence, mais pas trop, histoire de ne perdre personne. Et surtout de ne pas susciter de polémique ni, et c'est pire, de vision du monde. Or, c'est bien là que se loge mon amour du cinéma: une morale du regard, une façon de voir ce qui m'entoure sous le regard d'un autre.
 
L'idée ici, c'est de ne rien avoir à retirer des films, si ce n'est l'impression d'avoir été malin. Ce n'est certes pas neuf, mais j'ai du mal à dater ça de plus de 20 ans.
 
C'est donc ça, la script-doctorisation des scénarios? En tout cas, j'aimerais bien rencontrer le prof de script doctoring (vieux fantasme depuis que j'ai vu Get Shorty). J'ai 2-3 trucs à lui dire, de pas trop difficiles à comprendre.

21:28 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Aaaaah, la culture!

Petite phrase entendue l'autre jour lors d'une présentation des actions de l'asbl Article 27, par une personne que je ne nommerai pas dans un endroit que je ne nommerai pas plus. Disons juste qu'elle a une certaine influence sur la politique de notre Communauté.
 
"N'oublions pas que, dans les classes défavorisées aussi, il y a des gens qui ont suivi des études dans nos académies et écoles d'art, et qui ont donc une éducation artistique. Elles aussi ont droit à accéder à la culture."
 
Rhâlala, élitisme, quand tu nous tiens. 

18:50 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/04/2005

Bon d’accord, j’aurais dû me méfier : un film sur

Bon d’accord, j’aurais dû me méfier : un film sur Club RTL est rarement regardable. Mais là, alors que tous les films américains ou presque sont accessibles en DVD, diffuser « L’étrangleur de Boston » en une horrible compression d’image, c’est vraiment trop limite pour moi.

 

Me voilà donc devant le show chiraquien, avec la vague idée qu’il s’y passera bien quelque chose, révélateur de la Chirac’s Touch, vu que le sujet a suscité de belles engueulades dans les rédactions et que tout de même, le procédé est un peu curieux (même si le Président français n’en est pas à son coup d’essai en la matière, apprendrai-je plus tard). Quelque chose qui révélera le discours véritable de cette mise en scène.

 

La mise en scène, c’est 83 jeunes placés sur une estrade façon assemblée, ou plutôt amphi universitaire. Chirac, bloc note sous le coude pour montrer qu’il écoute, sur une table-pupitre, avec le seul journaliste – PPDA – à ses côtés. En face, les animateurs honnis qui ne sont là que comme facilitateurs de parole, en spécialistes qu’ils sont du « pour que les gens qui nous écoutent comprennent bien ». Des 83 jeunes, peu parleront. Seuls, pour tout dire, les représentants de toutes les catégories inquiètes. Il y aura eu là, s’identifiant bien scolairement, le vert, le rouge, la bleue très bleue, l’agriculteur, l’étudiant précaire, etc…

 

Et il y a surtout les questions liminaires (dixit) de PPDA, celles qui ont fâché ces derniers jours, celles qu’on se pose tous en fait : pourquoi choisir des jeunes alors que ce sont les « actifs » qui sont les plus susceptibles de voter non ? Et surtout, pourquoi pas un débat avec un politique tenant du non ?

 

Pour le choix des jeunes, Chirac répond un peu à côté, mais pour la question du choix du dispositif, là, il est plus clair. « Je ne voulais pas d’une discussion de spécialiste ».

 

C’est bien ça la méthode Chirac, son opposition fondamentale avec son prédécesseur. Ce qu’il ne veut pas, donc, c’est d’un débat d’idées à l’ancienne. Pas de politique de papa, celle où le politicien est là pour défendre son choix. Lui, il n’est pas là pour débattre. Il est là pour expliquer (« pour que les gens qui nous écoutent comprennent bien »). Il est là pour rassurer les inquiets. Il est là pour persuader, pas pour convaincre, nuance.

 

C’est en ça que le choix des jeunes s’imposait. Ce qu’il fallait à Chirac, ce sont des candides, des gens qui ne connaissent pas le dossier (les jeunes en question ont avoué ne pas connaître le texte de la Constitution et, fâcheux oubli, personne n’a pensé le leur fournir). Des gens dans le brouillard, qu’il pourra prendre tranquillement par la main, plutôt que de dissiper le brouillard.

 

Finalement, ce qui passe dans cette mise en scène plus que dans le débat lui-même, ce qui est donc le vrai discours de Chirac dans cette campagne, c’est un discours envoyé à ces « actifs » réticents et justement pas représentés sur le plateau : « Votez oui, c’est pour vos enfants que vous votez et regardez comme je viens de les rassurer ».

 

A y réfléchir, ce procédé qui paraît si outrageusement nouveau, n’est pas vraiment éloigné de la manière de faire gaullienne, cette manière où le message est toujours, invariablement, « je vous ai compris » (ou au moins entendu). Cette méthode fleure bon les vieilles conférences de presse du Général, où les questions des journalistes étaient connues d’avance, sélectionnées et les réponses écrites. Une manière très vieille de faire de la politique, faite juste avec un peu plus de discrétion. Cela s’appelle du paternalisme et l’émission d’hier n'en était qu’un exemple de plus.


20:56 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/04/2005

Cinéastes à tout prix

Certaines choses arrivent encore à m'étonner... L'accueil critique, en France, du fadasse Cinéastes à tout prix, petite chose télé qui n'arrive jamais à dépasser ses origines, voilà quelque chose qui m'a étonné.
 
Mais à les lires, ces critiques, je me rends compte que ce qui plait là-bas dans ce film, ce n'est pas du tout le film (voilà qui me rassure un peu), mais sa correspondance à ce qu'on s'attend à voir de la Belgique.
 
C'est que ces trois cinéastes que filme sans trop s'interroger sur leur amour du cinéma Frédéric Sojcher, personne ne se soucie de savoir CE qu'ils filment (ce qu'on ne nous montre que bien peu d'ailleurs). C'est leur personnage dans tout ce qu'il a de belgicain qui intéresse.Ce qui interpelle la critique, c'est cette image de la Belgique en éternel pays de cocagne peuplé de farfelus magnifiques de fatuité joviale (voir la comparaison que fait Rousseau de son travail avec celui de Spielberg). C'est ce surréalisme - "tellement plus loufoque [...] que son homologue hexagonal" peut-on lire - qui a le bon goût de toucher toutes les couches de la population, du sénateur au petit cureton.
 
Bref, c'est de correspondre au bon vieux cliché franchouillard sur la Belgique qui vaut à ce film d'être apprécié en France. Du coup, vu d'ici, ces critiques éclairent le film d'un jour nouveau, moins flatteur encore. Parce qu'on sent bien que c'est cette correspondance que cherchait Sojcher en fin de compte (voir sa volonté d'inclure une scène, pourtant bel et bien inutile dans l'économie du film, où Poelvoorde et Godin, icônes reconnues de cette belgitude rigolarde, chantent leur amour pour ces cinéastes semi-amateurs). Sojcher aurait fait film un documentaire belge pour la France que ça ne m'étonnerait pas.
 
Depuis le film, Jean-Jacques Rousseau s'est autoproclamé "le cinéaste de l'absurde". Espérons pour lui que ce soit vendeur.
 
 

19:12 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Il n'est pas bon de se plonger corps et âme dans son travai

Il n'est pas bon de se plonger corps et âme dans son travail: on en ressort toujours un peu sali.
 
Soit. Me revoilà.

18:46 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |