12/04/2005

Cinéastes à tout prix

Certaines choses arrivent encore à m'étonner... L'accueil critique, en France, du fadasse Cinéastes à tout prix, petite chose télé qui n'arrive jamais à dépasser ses origines, voilà quelque chose qui m'a étonné.
 
Mais à les lires, ces critiques, je me rends compte que ce qui plait là-bas dans ce film, ce n'est pas du tout le film (voilà qui me rassure un peu), mais sa correspondance à ce qu'on s'attend à voir de la Belgique.
 
C'est que ces trois cinéastes que filme sans trop s'interroger sur leur amour du cinéma Frédéric Sojcher, personne ne se soucie de savoir CE qu'ils filment (ce qu'on ne nous montre que bien peu d'ailleurs). C'est leur personnage dans tout ce qu'il a de belgicain qui intéresse.Ce qui interpelle la critique, c'est cette image de la Belgique en éternel pays de cocagne peuplé de farfelus magnifiques de fatuité joviale (voir la comparaison que fait Rousseau de son travail avec celui de Spielberg). C'est ce surréalisme - "tellement plus loufoque [...] que son homologue hexagonal" peut-on lire - qui a le bon goût de toucher toutes les couches de la population, du sénateur au petit cureton.
 
Bref, c'est de correspondre au bon vieux cliché franchouillard sur la Belgique qui vaut à ce film d'être apprécié en France. Du coup, vu d'ici, ces critiques éclairent le film d'un jour nouveau, moins flatteur encore. Parce qu'on sent bien que c'est cette correspondance que cherchait Sojcher en fin de compte (voir sa volonté d'inclure une scène, pourtant bel et bien inutile dans l'économie du film, où Poelvoorde et Godin, icônes reconnues de cette belgitude rigolarde, chantent leur amour pour ces cinéastes semi-amateurs). Sojcher aurait fait film un documentaire belge pour la France que ça ne m'étonnerait pas.
 
Depuis le film, Jean-Jacques Rousseau s'est autoproclamé "le cinéaste de l'absurde". Espérons pour lui que ce soit vendeur.
 
 

19:12 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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