21/09/2004

Pas morte, la guéguerre?

Hier soir, au journal de RTL-TVI (oui, beurk aussi), ce bon vieux Lelouch, tout en tics et en mauvaise foi ("Truffaut a adoré Un Homme et une Femme mais j'ai refusé d'être assimilé à la Nouvelle Vague et depuis ils [les critiques] me détestent" mouahahahahaaa) a placé une nouvelle et pathétique pierre à son mur de haine envers la critique, face à une présentatrice trop heureuse de cracher elle aussi joyeusement dans la soupe. Faut dire que la chaîne n'a jamais brillé par la moindre once d'esprit critique.
 
C'est sûr, la teneur de la chose reste risible. En gros: bouh la critique, moi je n'accepte que la "sanction du public". Et là, bingo, le film est un "immense plébiscite populaire" (j'attends quand même de voir les chiffres, moins les places gratuites s'entend).
 
Ou encore: mon film parle de la vie, de l'amour, des hommes, des femmes, ... et autres énumérations photocopiées de film en film.
 
Enfin, soit, là n'est pas la question. En Belgique, on a le Tom Cruise qu'on peut pour faire comme les grands (voir "Cinéma-Télévision: épisode ouatmille").
 
Ce que je me suis dit en voyant ce vieux geignard clignotant, c'est que finalement, oui, Claude Lelouch est un précurseur. Ce style sans style, tout entier tendu vers l'enregistrement de la parole creuse, cette manière d'hurler des évidences, de les traiter comme des concepts kantiens, de développer son catalogue de stars pour le plaisir de la collection, cette manière d'accuser la critique de tous ses maux tout en la considérant comme une corporation inutile... Oui, depuis 40 ans, Lelouch fait du cinéma français post Canal +.
 
Depuis ses débuts, Lelouch fait de la télévision. En plus cher.

20:45 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/09/2004

No comment

Jolie citation lue aujourd'hui. C'est signé Armand Gatti: "la réalité est un rêve de cancre".

19:41 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/09/2004

Patrick Le Lay sert la soupe... mais à qui?

Comme beaucoup sans doute, j'ai accueilli la petite phrase de Patrick Le Lay avec un sourire en coin et une indignation soulagée.
 
Sauf que, là, subitement, je me sens aussi gêné de l'ampleur des réactions de "spécialistes des médias" et chroniqueurs (qu'on pourra lire ici par exemple: http://www.lalibre.be/article.phtml?id=11&subid=118&a...) que pour l'intronisation médiatique de Michaël Moore.
 
C'est que sous le flot de réactions (tardives), toutes aussi joyeusement indignées que je l'ai été, je sens bien poindre le vieux discours abhorré sur les médias - et par extension la culture - de masse qui n'est juste bonne qu'à abrutir celui qui tombe dans ses rêts.
 
Je sens bien que cette phrase sur les cerveaux est en train de devenir le cheval de bataille de tous les Adorno du monde, qui soutiennent encore et toujours que rien ne vaut l'aristocratie culturelle et qu'il faudra tirer le bas peuple de la fange du divertissement. Bref, le bon vieux discours paternaliste qui sent bon le renfermé.
 

18:24 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/09/2004

Propagande: le retour

15 ans, il n'aura fallu que 15 ans pour qu'on retrouve nos vieux copains qui nous manquaient presque: le Mur n'a fait que prendre un bain de soleil et les propagandistes d'hier ont fini par utiliser les mêmes mots. Les "impérialistes", les "traîtres", les "espions" et "agents infiltrés" ont été remplacé par un seul terme: "terroristes internationaux". Les guerres impérialistes d'antan et autres invasions soviétiques sont devenues les guerres préventives d'aujourd'hui (mais ça va, on n'utilisera pas de bombes atomiques, dixit le ministre de la défense russe).
 
Et puis, surtout, ce qu'on retrouve sans même une once d'incrédulité, c'est la morgue (oui, oui, je pèse mes mots) des dirigeants.
 
Si on m'avait dit, un jour, que je regretterai les années '90...

20:49 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/09/2004

Cinéma-télévision: épisode ouatmille

Lundi soir, encore une séance de zapping mollasson qui se termine en petite leçon:
 
Canal +, vers 20h15: Gad Elmaleh, complimenté sur sa prestation à l'américaine à la dernière cérémonie des Césars, ressort la vieille antienne: "C'est la cinéma, kwâ. Ca fait rêver les gens mais ça n'empêche pas qu'on peut les faire rire". On connaît la chanson, comme dirait l'autre.
 
Suit le compte-rendu de la visite de Tom Cruise à Paris pour la promo de "Collaterral" (qui ne semble pas être un mauvais film au demeurant et qui aurait sans doute mérité mieux qu'une promo grand-format inodore. Soit). Et c'est là que les choses deviennent intéressantes: un peu râleuse pour le coup, la chronique prend le ton cynique. Canal (ex-chaîne du cinéma par excellence) n'a eu droit qu'à la conférence de presse. Du coup, la chaîne casse un peu: Tom Cruise n'a fait que parler pour ne rien dire, c'était nul, c'était de la promo plan-plan. Point-barre.
 
En passant sur France 2, on se rend compte qu'eux ont eu un peu mieux. Mais pas beaucoup: l'exclu de la poignée de main avec Sarkozy (le gars ose, en plus, un "Qu'est-ce que vous faites là, vous?" en posant bien pour la photo. Sarkozy, attraction touristique: avant on photographiait les stars au pied de la Tour Eifel, maintenant c'est serrant la louche à Sarko), quelques bains de foules auprès de groupies, basta. Mais ça leur suffit pour consentir faire la promo du film. 
 
Mais c'est bien TF1 qui a été adoubée promotrice officielle du film. Il faut dire qu'elle a le profil gagnant: insipidité et audimat au maximum, bref media idéal pour faire passer Cruise pour un intello devant répondre à des questions de crétin. Petit échantillon: "Il y a eu une recrudescence de vocations de pilote de chasse après Top Gun, vous croyez qu'il en sera de même pour les chauffeurs de taxi?"; "Il y a eu Taxi Driver, on peut dire que, maintenant, il y aura Taxi Passenger?".
 
Le cinéma et la télévision continuent décidément avec un certain plaisir leur petit pas-de-deux, avec le cinéma comme otage condescendant et la télé comme financier ébahi devant tant de glamour. Le cinéma, c'est un peu comme l'aristocratie de l'Ancien Régime: qu'elle soit pieds et poings liés, financièrement parlant, n'empêche pas qu'elle affiche toujours le même dédain envers son bailleur de fonds. Qui d'ailleurs le lui rend bien, avec ses minauderies de valet de pied: râleries genre "le maître ne m'a même pas regardé", ou service appliqué de la soupe promotionnelle, la télé répond toujours présente pour être humiliée par ce qu'elle considère comme plus beau qu'elle.

15:02 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |