01/09/2004

Cinéma-télévision: épisode ouatmille

Lundi soir, encore une séance de zapping mollasson qui se termine en petite leçon:
 
Canal +, vers 20h15: Gad Elmaleh, complimenté sur sa prestation à l'américaine à la dernière cérémonie des Césars, ressort la vieille antienne: "C'est la cinéma, kwâ. Ca fait rêver les gens mais ça n'empêche pas qu'on peut les faire rire". On connaît la chanson, comme dirait l'autre.
 
Suit le compte-rendu de la visite de Tom Cruise à Paris pour la promo de "Collaterral" (qui ne semble pas être un mauvais film au demeurant et qui aurait sans doute mérité mieux qu'une promo grand-format inodore. Soit). Et c'est là que les choses deviennent intéressantes: un peu râleuse pour le coup, la chronique prend le ton cynique. Canal (ex-chaîne du cinéma par excellence) n'a eu droit qu'à la conférence de presse. Du coup, la chaîne casse un peu: Tom Cruise n'a fait que parler pour ne rien dire, c'était nul, c'était de la promo plan-plan. Point-barre.
 
En passant sur France 2, on se rend compte qu'eux ont eu un peu mieux. Mais pas beaucoup: l'exclu de la poignée de main avec Sarkozy (le gars ose, en plus, un "Qu'est-ce que vous faites là, vous?" en posant bien pour la photo. Sarkozy, attraction touristique: avant on photographiait les stars au pied de la Tour Eifel, maintenant c'est serrant la louche à Sarko), quelques bains de foules auprès de groupies, basta. Mais ça leur suffit pour consentir faire la promo du film. 
 
Mais c'est bien TF1 qui a été adoubée promotrice officielle du film. Il faut dire qu'elle a le profil gagnant: insipidité et audimat au maximum, bref media idéal pour faire passer Cruise pour un intello devant répondre à des questions de crétin. Petit échantillon: "Il y a eu une recrudescence de vocations de pilote de chasse après Top Gun, vous croyez qu'il en sera de même pour les chauffeurs de taxi?"; "Il y a eu Taxi Driver, on peut dire que, maintenant, il y aura Taxi Passenger?".
 
Le cinéma et la télévision continuent décidément avec un certain plaisir leur petit pas-de-deux, avec le cinéma comme otage condescendant et la télé comme financier ébahi devant tant de glamour. Le cinéma, c'est un peu comme l'aristocratie de l'Ancien Régime: qu'elle soit pieds et poings liés, financièrement parlant, n'empêche pas qu'elle affiche toujours le même dédain envers son bailleur de fonds. Qui d'ailleurs le lui rend bien, avec ses minauderies de valet de pied: râleries genre "le maître ne m'a même pas regardé", ou service appliqué de la soupe promotionnelle, la télé répond toujours présente pour être humiliée par ce qu'elle considère comme plus beau qu'elle.

15:02 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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