02/08/2004

American Splendor

Il m'aura peut-être fallu du temps (près d'un an, quand même!), mais je l'aurai quand même vu, ce film! Si, dans sa forme, il ressemble à peu de choses près à ce que je m'attendais, il finit quand même par me décevoir un peu. C'est qu'en fait, un paramètre d'importance vient s'ajouter: Harvey Pekar.
 
Qui est Harvey Pekar? Le héros du film. Mais encore? Un loser total, qui traîne son air mauvais et ses yeux inquiets dans les rues de Cleveland, entre boulot merdique et désespoir privé. Harvey Pekar, c'est aussi un collectionneur fou (de disques de jazz), et un fan absolu de BD.
 
C'est là que tout se noue. Pekar croit en une chose: la BD peut le sauver d'une vie totalement insipide. Pas en faisant de lui une star ou un héros, juste un personnage de fiction. Le truc de Pekar, c'est de croire tellement en la fiction qu'il se dit qu'il suffit de transposer sa vie et ses pensées désabusées en BD pour leur donner un sens. Et ça marche: sa vie reprend une direction et la BD devient culte. Voilà, en gros, pour l'histoire.
 
Du coup, la façon qu'ont les réalisateurs de traiter le sujet gêne un peu. Parce que les auteurs, eux, s'évertuent à y voir un homme qui se perd dans les rêts de la médiatisation, au bord de la schizophrénie à force de ne plus savoir distinguer ce qui est vraiment vécu et ce qui est embelli, le vrai du faux. Le film ne cesse de rappeler qu'il est un film et somme le spectateur de se rappeler son statut de spectateur. Ca provoque un drôle de sentiment de voir un film hurlant ses doutes en la fiction, contre l'avis de son propre personnage qui, lui, en a fait sa bouée de sauvetage.
 
Limites et misères du post-modernisme.

09:39 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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