24/07/2004

Eclair d'honnêteté

Qui a dit que TF1 ne visait pas le cerveau? Patrick Le Lay confirme.
 
http://www.acrimed.org/article1688.html

20:10 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Pour l'amour du jeu

Bien sûr, la plupart des critiques à l'encontre de Virtua Tennis 2 sont justifiées: typiquement arcade, il ne rend pas compte de la réalité du tennis comme sport, il privilégie la puissance au placement, les balles restent miraculeusement presque toutes dans le terrain.
 
Mais c'est bien parce que le jeu prend le tennis du point de vue de spectateur, et même de spectateur télévisé (comme la plupart des jeux de sport, certes). C'est le tennis dans toute son abstraction, le terrain comme espace mental que cherche à rendre le jeu. Le tennis comme sport temporel, sport de timing, où tout mouvement à contretemps est impitoyablement pénalisé: c'est ça Virtua Tennis 2.
 
Pourtant, la plus grande réussite du jeu, c'est de ne pas confondre persévérance et entêtement, comme c'est trop souvent le cas. Ici, pas d'injustice (ce sont aussi les règles, indiscutables ou presque, du tennis qui veulent ça). L'échec, on ne le doit qu'à soi, à son manque d'entraînement, à son manque de vision du jeu, impossible d'imputer une faute à l'ordinateur. Inversément, on peut avoir créé une bête de puissance, capable de prendre qui que ce soit de vitesse, on peut encore perdre lamentablement faute d'attention et de construction du jeu.
 
Il n'y a vraiment pas de secret: un jeu ne reste pas plus de deux ans viscéralement vissé à une console sans raison.

19:53 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/07/2004

Sarkonegger

Il devait être 21h30, jeudi soir, sur France 2, quand Nicolas Sarkozy a dit: "Donnez-moi le petit Noir".
 
Les images datent de 1993. Depuis le matin, un preneur d'otages s'est enfermé avec 21 enfants et leur maîtresse dans une école de Neuilly. Ce n'est pourtant qu'en début d'après-midi que Sarkozy arrive sur les lieux. Qu'est-ce qu'il y fait, lui, le Ministre du Budget de l'époque? Certes, il est le Maire de Neuilly, mais l'affaire, d'importance, est tout naturellement sous la responsabilité directe du Ministre de l'Intérieur, Charles Pasqua. Mais c'est Sarkozy qui déboule, et s'invite d'autorité au sein de la cellule de crise. Pas pour superviser les opérations, ce qui serait encore à la limite concevable. Non: pour être le négociateur. Pour être de tous les plans (télévisés, bien sûr). 
 
Il faut dire que, depuis quelques heures, Human Bomb accepte de relâcher des enfants et Sarkozy a sans doute dû avaler sa tartine de travers quand il a vu, au journal de 13 heures, un père de famille sortir avec des enfants dans les bras.
 
Bref - suppute-t-on - Sarkozy s'est dit que cette image du gars qui sort comme un héros hollywoodien du lieu de l'horreur pour poser ces enfants de trois ans dans les bras de leur parents pleurant de soulagement, il fallait que ce soit la sienne. Sarkozy débarque donc et renvoie, tout le monde (les pros) hors-champ. Sans même se poser la moindre question sur les risques qu'il fait courir aux négociations.
 
Et quand il est là, dans l'entrebaillement de cette porte de classe, à discuter avec Human Bomb, et à lui dire "Donnez-moi le petit Noir", Sarkozy ne fait rien d'autre que de préparer le plan qui suit (sortir un petit Noir, voilà une plus-value visuelle!). Il prépare sa mise en scène. Il fait son marché.
 
Sarkozy, c'est décidement le Greg Stilsson (le politicien populiste de "Dead Zone") français: mégalomane, irréfléchi, soucieux de son image avant toute chose, et donc d'autant plus dangereux. Et dire qu'on prévoit que cet homme soit un possible présidentiable!

18:24 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/07/2004

L'ère du soupçon

Une femme a menti. Et tout le monde a embrayé: police, ministre, Président, presse. Comme beaucoup, la présentation indignée du fait divers du RER parisien, j'ai eu du mal à y croire. Je dis: comme beaucoup, parce que depuis la révélation de la supercherie, tous les acteurs de la montée en puissance de cette fausse info se déclarent pas dupes, mais victimes d'un système. Entre Libé qui depuis deux jours démontre à coups d'éditos (2 aujourd'hui!) qu'elle n'a jamais réussi à confirmer les soupçons qu'elle avait depuis le début, les flics qui accusent la presse d'avoir voulu aller plus vite que l'enquête, les ministres ou le Président français qui parle de "manipulation", tous se dédouanent piteusement.
 
C'est que, ma bonne dame, plus rien n'est simple de nos jours. Tout fournisseur d'info doit rendre des comptes, l'esprit critique est plus vif que jamais et s'exerce à tout bout de champ.
 
Si bien qu'aujourd'hui, rien n'est pire que le flagrant délit de mensonge. Michaël Moore carbure à ça, Tony Blair se débat contre les accusations de mensonge qui risquent de lui coûter plus cher que la guerre elle-même.
 
Et Marie L. l'affabulatrice, risque semble-t-il elle aussi assez gros. A se demander si, ce qu'elle risque de payer, c'est son mensonge, ou le fait que les pouvoirs exécutif et journalistique français se soient tapé une honte mortelle pour le coup? Ou peut-être est-ce le fait d'avoir exploité le (certes légitime) discours dominant qui lui fera le plus mal?


13:47 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Va donc chez Spidey

Trop poli pour être honnête, le premier SpiderMan me laissait pour le moins sur ma faim. Trop proche d'un Darkman débarassé de ces impuretés qui en faisaient le prix.
 
Dans ce cadre-là, le deuxième épisode ne peut être qu'une excellente suprise. Car si le premier se concentrait un peu trop sur le héros, le deuxième parle beaucoup plus du "super" héros. SpiderMan 2, c'est l'histoire d'un gars qui est un peu trop héros à son goût. Qui ne porte pas un costume trop grand pour lui mais justement trop juste. Qui l'écrase, lui, son amour-propre et sa virilité.
 
Qui plus est, le film n'est pas seulement un mélo caché sous les atours d'un blockbuster, c'est aussi un grand film sur une question qu'on a plus vue depuis longtemps (12 ans en fait, depuis Unforgiven) dans le cinéma américain, et qu'on ne croyait pas revoir dans le contexte actuel: la légitimité. Peter Parker ne se pose pas seulement la question, assez classique en somme pour un super-héros, du "pourquoi moi?", mais aussi du "de quel droit?". De quel droit je m'érige en sauveur de la nation?
 
Si, en quelque sorte et un peu malgré lui, le premier opus ouvrait l'ère post-11 septembre, avec son besoin d'un héros qui se lèverait parmi les anonymes, celui-ci la clôturerait, un peu horrifié, en rappelant en filligrane la nécessité d'un contrat moral. Ce qui donne au passage une scène très belle dans le métro, qui redonne confiance en les qualité de Sam Raimi, petit maître discret caché dans un costume de super-cinéaste-cagnotte.

12:31 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/07/2004

Attention, ce post ne contient pas de politique!

Le voilà donc, ce film qui fait plus parler les éditorialistes politiques que les critiques de cinéma. C'est que, de film, Fahrenheit 9/11 n'en est pas vraiment un, loin de là même. Pataud, brouillon, scolaire, voire même par moments franchement malhonnête (c'est un tract de propagande après tout), le film ressemble plus à une poussive dissertation de fin de 6e qu'à ce grand moment de cinéma qui a convaincu le jury de Tarantino de lui donner la Palme d'Or. C'est que Moore ne filme pas, il capte. Rien ne se passant jamais devant sa caméra, c'est la voix off qui doit prendre le relais.
 
Et comme Moore n'a pas d'image, alors il monte. Sauf que son montage est à peine digne d'une séquence de prime de "La Ferme Célébrités", avec sa B.O. bêtement illustrative et ses contrepoints comiques téléphonés (toujours le même principe: Moore affirme quelque chose en off et extrait 3 secondes d'archives pour faire confirmer ses dires par ses opposants).
 
En fait, c'est en voyant les rares séquences où Moore apparaît à l'écran qu'on commence un peu à comprendre ce qui ne va pas: quel que soit son interlocuteur, Moore est aussi fadasse et déférent qu'il peut être virulent dans ses voix off et dans ses interviews aux journalistes. Un peu couille-molle le Michaël en somme.
 
Il faudra bien qu'il comprenne un jour que s'il veut vraiment faire du cinéma documentaire (ce dont je doute) c'est au moment du tournage qu'il faut être un peu salaud - histoire d'avoir quelque-chose à filmer - plutôt qu'au montage.

10:22 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/07/2004

Stuck on you

Ca fait bien longtemps que les frères Farelly déçoivent, n'arrivant pas à transformer les espoirs qu'avait suscités Me, Myself & Irene. Pourtant, même si leur dernier film n'est toujours pas vraiment à la hauteur, il confirme un peu plus une hypothèse: le vrai sujet de leurs films, ce n'est pas un fadasse humanisme de plateau télé (en gros: acceptons nos différences), ce serait plutôt le rapport des individus à leur propre corps.
 
Les moments les plus drôles de Stuck on You, ce sont les moments où (attention, spoiler!) les deux frères sont séparés et où leur corps, d'une certaine manière, résiste: leur difficulté à tout simplement tenir debout, à marcher droit, à être assis, seuls, sur un banc. Bref, où tout dysfonctionne.
 
Du coup, la fin ne sonne plus comme un happy end à la Capra, avec ses ambitions ramenées à plus de réalisme et son exaltation de l'amour et de la vie en communauté, mais plus comme un compromis acceptable entre les exigences du corps et les envies de l'esprit. Ce qui fait des Farelly une manière de Frank Tashlin au pays de Cronenberg.

10:58 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |