15/07/2004

Va donc chez Spidey

Trop poli pour être honnête, le premier SpiderMan me laissait pour le moins sur ma faim. Trop proche d'un Darkman débarassé de ces impuretés qui en faisaient le prix.
 
Dans ce cadre-là, le deuxième épisode ne peut être qu'une excellente suprise. Car si le premier se concentrait un peu trop sur le héros, le deuxième parle beaucoup plus du "super" héros. SpiderMan 2, c'est l'histoire d'un gars qui est un peu trop héros à son goût. Qui ne porte pas un costume trop grand pour lui mais justement trop juste. Qui l'écrase, lui, son amour-propre et sa virilité.
 
Qui plus est, le film n'est pas seulement un mélo caché sous les atours d'un blockbuster, c'est aussi un grand film sur une question qu'on a plus vue depuis longtemps (12 ans en fait, depuis Unforgiven) dans le cinéma américain, et qu'on ne croyait pas revoir dans le contexte actuel: la légitimité. Peter Parker ne se pose pas seulement la question, assez classique en somme pour un super-héros, du "pourquoi moi?", mais aussi du "de quel droit?". De quel droit je m'érige en sauveur de la nation?
 
Si, en quelque sorte et un peu malgré lui, le premier opus ouvrait l'ère post-11 septembre, avec son besoin d'un héros qui se lèverait parmi les anonymes, celui-ci la clôturerait, un peu horrifié, en rappelant en filligrane la nécessité d'un contrat moral. Ce qui donne au passage une scène très belle dans le métro, qui redonne confiance en les qualité de Sam Raimi, petit maître discret caché dans un costume de super-cinéaste-cagnotte.

12:31 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.