15/07/2004

L'ère du soupçon

Une femme a menti. Et tout le monde a embrayé: police, ministre, Président, presse. Comme beaucoup, la présentation indignée du fait divers du RER parisien, j'ai eu du mal à y croire. Je dis: comme beaucoup, parce que depuis la révélation de la supercherie, tous les acteurs de la montée en puissance de cette fausse info se déclarent pas dupes, mais victimes d'un système. Entre Libé qui depuis deux jours démontre à coups d'éditos (2 aujourd'hui!) qu'elle n'a jamais réussi à confirmer les soupçons qu'elle avait depuis le début, les flics qui accusent la presse d'avoir voulu aller plus vite que l'enquête, les ministres ou le Président français qui parle de "manipulation", tous se dédouanent piteusement.
 
C'est que, ma bonne dame, plus rien n'est simple de nos jours. Tout fournisseur d'info doit rendre des comptes, l'esprit critique est plus vif que jamais et s'exerce à tout bout de champ.
 
Si bien qu'aujourd'hui, rien n'est pire que le flagrant délit de mensonge. Michaël Moore carbure à ça, Tony Blair se débat contre les accusations de mensonge qui risquent de lui coûter plus cher que la guerre elle-même.
 
Et Marie L. l'affabulatrice, risque semble-t-il elle aussi assez gros. A se demander si, ce qu'elle risque de payer, c'est son mensonge, ou le fait que les pouvoirs exécutif et journalistique français se soient tapé une honte mortelle pour le coup? Ou peut-être est-ce le fait d'avoir exploité le (certes légitime) discours dominant qui lui fera le plus mal?


13:47 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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