22/05/2004

La politique sous les palmiers

On a beau n'avoir vu aucun film en compétition à Cannes, on ne peut pas s'empêcher d'être déçu de voir Fahrenheit 911 gagner la palme. Sur foi de tout ce que j'ai pu lire sur ce film, il tient plus de la propagande que du cinéma. J'ai beau assez facilement acquiescer à cette propagande, elle ne m'en pose pas moins un problème. La propagande, c'est faire cracher le morceau à une image, lui faire dire uniquement ce qu'on a envie d'entendre (une torture du visuel?). Ne pas la laisser respirer, ni la laisser parler librement. Le contraire de ma vision du cinéma, en gros.
 
Je soupçonne (tout comme le sous-entendait vaguement Moore) que ce choix est éminement politique, pas cinématographique (même si Tarantino, déjà, le nie). Il faut dire que ce festival l'a été plus que tout autre, politique. Finalement, c'est le petit belge, gagnant ex-aequo du prix du Court Métrage, qui a été le plus politique, en disant que Cannes devrait plus être un festival du cinéma et moins un festival du business.
 
La politique sur la Croisette se confond totalement avec les finances: c'est là que le problème des intermittents devient un problème de gros sous (manifestation des commerçants de la ville et ratonnade des intermittents bloquant des projections du Marché du Film), c'est là que l'exception culturelle se fait ensabler par la vision américaine de la culture (avec la lutte contre le "piratage" qui s'internationnalise). C'est là que Michael Moore devient une star "altermondialiste" en jouant le jeu de l'offre et de la demande (le film a semble-t-il d'abord fait événement par la difficulté à entrer aux séances).
 
Une drôle de politique en somme: on peut critiquer tous les gouvernements qu'on veut, mais qu'on ne touche pas à l'argent.

21:11 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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