22/04/2004

Girl with the Pearl Earring

L'un de ces films qui, à force de vouloir être beau, ostensiblement beau, inattaquable en tout point, aimable par tous, en devient fade et laid. A croire qu'on ne peut parler de peinture sans en faire une éducation à la sensualité, une lutte entre la quête du Beau et les bas besoins financiers.
 
Il y a quelque chose d'un peu veule dans ce maniérisme petit-bras qui veut que chaque plan soit "à la manière de" Vermeer, que chaque scène soit plongée dans une pénombre esthétique, que les extérieurs soient baignés dans une brume à la lumière vermeerienne. On en ressort avec ce sentiment que le peintre n'avait qu'à reproduire ce qui l'entourait. Qu'on traite ici le maître de Delft comme un peintre pompier des petites gens.
 
Tout cela ressort à mon goût d'une manière de se servir du patrimoine artistique de la vieille Europe comme d'une arme pour répondre  "sur son propre terrain" à l'Amérique. D'une sorte d'héroïsation de la Grande Culture s'opposant à la mythologisation du comic-strip qui font les blockbusters du moment. Sauf que là où Vermeer est transformé en statuaire grecque, témoin immobile et muet de son propre Art, Superman vole, Spiderman rebondit sur chaque bout de mur et Keanu Reeve arrive à arrêter le temps. Il y aura toujours plus de mouvement, d'action, de vie, de cinéma à Hollywood que dans ces tentatives de perdant.

19:19 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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