28/12/2003

Compétoche

Samedi trop arrosé... je me retrouve à finir la soirée devant une émission de variété de TF1. Mais surtout devant un sommet de cynisme. En gros, une litanie de chiffres de vente entrecoupée de tout ce que la chanson française peut compter de brailleurs. Le comble du rire (jaune) est tenu par la petite interview de Florent Pagny après son petit exercice de poujadisme chanté (une chose d'une laideur musicale repoussante, au demeurant). L'intervieweur VRP: "alors Florent, quand on reçoit un texte comme celui-là (celui où il chie sur les impôts pour ceux qui n'avaient pas capté), on se dit qu'on tient un hit en puissance, non?" L'hymne au capitalisme le plus sauvage, l'appel à la destruction de la solidarité sociale, enrobé dans un sous-alibi culturel et qui devient une source de revenu inestimable: l'horizon fantasmé de ce type (que je suppose être l'horizon fantasmé des producteurs musicaux derrière cette émission).
 
En 10 ans de temps, depuis l'époque des "sous vos applaudissements" ou d'un Drucker lécheur de bottes "d'artistes" tous formidables - avant de devenir lécheur de bottes de politiciens - , on est passé du statut du "tout artiste" à une logique mathématique (cette émission-ci) ou sportive (Star Ac' ou la Chanson n°1 en face). Une logique mieux vendable, plus rentable à court terme, dont cette émission ne fait que boucler la boucle (tu es un artiste parce que tu vends).
 
Rêves étroits d'une société qui a arrêté de se rêver: la nôtre.

Tout cela dit sans préjuger des qualités artistiques des chanteurs d'aujourd'hui: le regard de vache folle d'Elodie n'a rien à envier à celui d'une Jeanne Mas, qui secouait les charts à l'époque.

17:56 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

:) Très bon message, frappé au coin du bon sens

Écrit par : serge | 07/01/2004

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