29/11/2003

Droopy en Irak

C'est moi ou les images de Bush en Irak ont un faux air de visite de Saint-Nicolas au Cora du coin? S'il espère faire campagne avec cette image, j'attends de voir ça. Et j'essaierai de ne pas pouffer.


13:32 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

26/11/2003

Il y a quelque chose de bizarre à entendre les arguments de

Il y a quelque chose de bizarre à entendre les arguments des détracteurs d'Elephant (ceux que je rencontre, en tous les cas): cette façon d'en revenir toujours à la comparaison, sensément imparable, avec Bowling for Columbine.
 
Comme si il ne pouvait y avoir qu'un seul film possible sur le sujet et que ce film devait être peu ou prou politique. Qu'un film qui fasse autre chose que désigner un ennemi autre que celui qu'a désigné l'Amérique (et cet autre doit, forcément, être l'Amérique elle-même, son mode de vie détestable et sa paranoïa légendaire) ne peut être que mauvais ou au minimum fade.
 
Le but d'un film en tant que discours ne serait que de remplacer un confort intellectuel par un autre, jugé plus intelligent, élitiste, tout ce qu'on voudra. Et si tout ça pouvait être enrobé dans un emballage médiatique acceptable - l'indéniable talent de bateleur de Michael Moore, son côté bon populiste - et on touche au chef d'oeuvre imparable...

11:40 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/11/2003

 A chaque fois que je sors d'une lecture du - certes to

 A chaque fois que je sors d'une lecture du - certes toujours excellent - site d'Acrimed (www.acrimed.org) j'ai tout de même toujours cette désagréable impression d'avoir assisté à l'une de ces vieilles querelles de clochers.
 
D'assister à un vieux débat frelaté du genre:
- Dites-donc, vous, vous seriez pas un peu bourdieusien sur les bords?
- C'est là toute la profondeur de ton analyse, supôt du capitalisme?
 
Mine de rien, ça lasse...

14:11 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/11/2003

On t'aime quand même

Sans aborder le sujet de Matrix (déjà suffisament commenté), je voulais faire ma petite déclaration "d'amour" à l'Agent Smith: un pur concentré de haine, phobique jusqu'à l'entropie et, du coup, forcément tragique. Le personnage le plus moralement terrifiant que j'aie vu depuis La Nuit du Chasseur.
 
Un personnage qui ne carbure uniquement qu'à la haine de ce qui l'entoure: en gros, la meilleure métaphore anthropomorphique d'un programme informatique, loin, très loin, du cliché du visage inexpressif et de la voix sans intonation. Le personnage le plus conceptuel depuis Bill Murray dans Groundhog Day.
 
Agent Smith, même si tu ne m'aimerais pas si tu existais, sache que ce n'est pas réciproque...

19:28 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

12/11/2003

Lundi soir, France 2, émission lénifiante sur les reality

Lundi soir, France 2, émission lénifiante sur les reality shows. Rien de fascinant certes: un reportage de 2 frais émoulus de l'école de journalistes qui croient que le reportage d'investigation c'est mettre son cul dans un loft et raconter ce qu'il s'est passé "de l'intérieur" (faudra qu'on m'explique la nuance) comme on raconte ses dernières vacances devant un parterre d'amis qui n'en ont rien à foutre. Puis quelques digressions lénifiantes, propos moralisateurs (y a du bon -nous- et du moins bon -eux-, les contrats de cession d'image sont des arnaques), et autres grrrrrrrrandes découvertes de spécialistes (les réality-shows n'ont rien de réel  -waaaa!-, les participants y entrent pour se conformer à un rêve de fiction -tu crois?-, le merchandising est la plus grande source de revenus).
 
Bref, l'éternel "bon peuple, on vous berne" dont la vigilance sent toujours un peu le rance.
 
Et puis, au détour d'un sujet, quelques moments de télévision s'échappent: reportage sur un reality-show de la BBC où un politicien (un ancien ministre dans le cas présent) doit vivre la vie d'une ménagère avec trois enfants. On voit le brave gars (gravement balai dans le cul, c'est un ministre quand-même) dans une cuisine où la ménagère, inquiète, à collé un tas de post-its pour expliquer comment fonctionne la machine à laver, ce qu'il faut donner aux enfants dans le frigo, etc... Ou encore l'un des gosses qui, dans le supermarché met en loucedé des céréales dans le panier, que sa mère lui interdit en temps normal de prendre. Bref, une sorte de "The Osbournes" à l'anglaise, complètement guindé et barré en même temps. Croustillant.
 
Passons sur tout le cynisme que tout ça cache (le ministre sur-payé pour l'émission - 23.000€-, la ménagère sous-payée -1.500€).

 
Puis reportage sur une série télé politique américaine (réalisation Soderbergh) où des politiciens jouent leur vrai rôle. Un journaliste français interpelle l'un d'eux lors d'une conférence de presse. Question: "N'avez-vous pas peur de mélanger la politique et le spectacle?" Hillarité générale dans la salle. Le politicien lève les bras, l'air de dire: "Vous avez votre réponse".
 
Quand on entend, juste après cela, quelques détails sur le projet de télé-réalité politique qui s'est fait torpiller par le conseiller en communication de Raffarin ("Après la canicule, c'est n'est pas le moment de faire le mariole à la télé") - une sorte de "Conversation au coin du feu" moderne, où le politicien pourra déblatérer son programme dans un autre environnement - on se dit que, décidément, c'est pas la même culture... Et je me mets à douter sur laquelle je préfère.

13:37 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/11/2003

Tout le monde à poil

C'est le week-end des European Music Awards et tout zappeur passe à un moment ou à un autre devant la remise des prix. Ca a été mon cas lors de cet après-midi un peu désenchanté, où je lisais quelques articles sur le net à côté de ma télé.
 
Et là quelque-chose m'a frappé. Non, pas le look de Christina Aguilera , mais la propension surprenante qu'ont les gens à se foutre à poil à l'écran. Comme si le seul acte de révolte encore gérable pour des gens qui ont tant besoin d'image et de Bad Boy Attitude, était d'avoir leur cul flouté et leur quéquette barrée d'un "censored" de bon aloi.
 
Comme si le seul acte de révolte possible dans un monde médiatique où la révolte est devenue une valeur marchande et où la rébellion s'est tristement réduite à sa valeur d'apparat et de happening (voir les flash mobs), la seule chose qui puisse saillir et faire vivre l'image de la star, c'est le fait d'avoir un corps.
 
Sauf que cette pseudo-révolte sonne tout aussi faux que tout le reste du show et ne ressemble, une fois encore, qu'au dernier sursaut médiatique d'une attitude rock'n'roll qui meurt d'avoir trop gagné en termes d'image. Trop accepté, le rock se formate et meurt. Et par le terme de rock, j'englobe tout ce qu'il a drainé avec lui, comme les comiques par exemple, qui ont cette étrange propension à se foutre à poil ou à rouler des pelles aux présentateurs quand ils ne font plus rire.

21:00 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/11/2003

Delon: la star bougonne

Ooooh non je ne verrai pas Delon de retour sur les écrans (de télé). Cette chose n'est pas faite pour moi. N'empêche: les deux-trois images de la bande-annonce me semblent être représentatives du sale état du cinéma français. Je me souviens d'un vieil article de Daney titré "Comme tous les vieux couples, cinéma et télévision ont fini par se ressembler" (1986, cet article, si je ne m'abuse), où Daney se disait déjà que le cinéma français n'était rien d'autre que la danseuse de la télé et n'avait plus comme motivation principale que de remplir les grilles télé.
 
Aujourd'hui où plus aucun film, en France, ne se fait sans l'argent de la télé, où on se fiche de savoir si les grosses comédies feront de l'argent en salle puisque c'est l'argent des pages de pubs ou des redevances qui rembourseront le film lors de leur passage dans les grilles, où les stars du ciné actuel sont des transfuges télé et où les vieilles gloires d'un cinéma français qui marchait (celui de l'exception culturelle) font plus de téléfilms que de films tout court, aujourd'hui donc, tout cela n'en est que douloureusement plus vrai encore. Pire, tout le système de production français est fondé sur cette croyance, voire ce désir: tendre vers un tout-télé, un avenir à la Messier, mais supervisé par l'Etat.
 
C'est tout cela qui me revient à l'esprit en voyant le reportage piteux du journal de France 2, avec son Delon qui tire la même gueule dans tous les plans, dans son rôle de revenant qui retrouve ses vieilles connaissances (Mireiller d'Arc et Jacques Perrin, ben tiens, tu m'étonne).
 
Soyons clair, je n'ai jamais aimé Delon, même chez Melville ou Visconti. Mais à le voir là, avec sa gueule qui suinte l'excuse d'être tombé si bas, je finissais par compatir devant sa peine, celle de ne servir de caution pour vieux quinquagénaires qui ne savent pas quoi faire de leur vendredi soir et qui décident de verser une larme sur le cinéma français perdu.


21:01 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/11/2003

Geluck vs Courbet: match nul, victoire à l'arbitre (des élégances)

Encore une soirée d'auto-célébration télévisuelle. Sauf que cette fois, deux écoles s'affrontaient. D'un côté une soirée "placée sous le signe de la nostalgie, de la bonne humeur et de l'impertinence" - à mon avis, le copywriter de la RTBF fête lui aussi ses 50 ans de carrière -, de l'autre Courbet fait dans le sous-Arthur, c'est dire si ça ne volait pas haut. Un match serré s'annonçait, c'était sûr.
 
1e manche: 20h40.
Geluck (caution bonne humeur et impertinence) et Mercier (caution nostalgie et bonne humeur) s'extasient devant les génériques du Jardin Extraordinaire, le tout devant un parterre officiel (jeune garde ertebéenne au premier rang, présentatrices blondes bien au milieu, le Prince Laurent au centre de la salle, un peu suréclairé - la mise en scène est aussi dans la salle).
En face, Courbet se gausse grassement d'une jeune fille qui avait répondu Hans Passmoilbauer à l'une de ses questions footbalistiques. 0-0.
 
2e manche: 20h50.
Un événement sur la RTBF, on a retrouvé Malvira! Depuis tant d'années, le couple Geluck-Malvira est enfin reformé.
Sur TF1, séquence vue 10.000 fois (comme toutes les autres) de Maïté tentant de tuer une anguille: Courbet feint piteusement les larmes de rire "Arthur-style". Marquoir toujours vide.
 
3e manche: 21h00
Geluck pousse la chansonette sur le générique de l'émission de ses premières gloires: Lolipop. Il y a quelque chose de bizarre à voir la distance entre ce type à la quarantaine bien sonnée, devenu le parangon de la bonhommie citoyenne bienpensante (expo à Paris, acolyte de Drucker), intellectuel moderne, c'est à dire présentable et ne faisant pas de vagues, et le jeune gars ébouriffé présentant sans doute l'une des émissions (pour enfants) les plus rock-n-roll de la RTBF télé. La tristesse m'étreint.
En face, après avoir vu Prevost mitraillant ses calembours avec le maire de Moncucq, Courbet fait la promo de Michel Leeb dont on voit un florilège des sketches les plus racistes. La colère m'assaille.
 
4e manche: 21h10
J'abandonne: je dois avouer ma faiblesse et me rabattre sur un vrai trip nostalgie: la rediffusion sur la 2 de Chapeau Melon et Bottes de Cuir. Retour à une époque où la télévision était en plein ludisme et n'avait pas encore cédé au professionalisme froid et son cortège d'impertinence.

18:10 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |