12/11/2003

Lundi soir, France 2, émission lénifiante sur les reality

Lundi soir, France 2, émission lénifiante sur les reality shows. Rien de fascinant certes: un reportage de 2 frais émoulus de l'école de journalistes qui croient que le reportage d'investigation c'est mettre son cul dans un loft et raconter ce qu'il s'est passé "de l'intérieur" (faudra qu'on m'explique la nuance) comme on raconte ses dernières vacances devant un parterre d'amis qui n'en ont rien à foutre. Puis quelques digressions lénifiantes, propos moralisateurs (y a du bon -nous- et du moins bon -eux-, les contrats de cession d'image sont des arnaques), et autres grrrrrrrrandes découvertes de spécialistes (les réality-shows n'ont rien de réel  -waaaa!-, les participants y entrent pour se conformer à un rêve de fiction -tu crois?-, le merchandising est la plus grande source de revenus).
 
Bref, l'éternel "bon peuple, on vous berne" dont la vigilance sent toujours un peu le rance.
 
Et puis, au détour d'un sujet, quelques moments de télévision s'échappent: reportage sur un reality-show de la BBC où un politicien (un ancien ministre dans le cas présent) doit vivre la vie d'une ménagère avec trois enfants. On voit le brave gars (gravement balai dans le cul, c'est un ministre quand-même) dans une cuisine où la ménagère, inquiète, à collé un tas de post-its pour expliquer comment fonctionne la machine à laver, ce qu'il faut donner aux enfants dans le frigo, etc... Ou encore l'un des gosses qui, dans le supermarché met en loucedé des céréales dans le panier, que sa mère lui interdit en temps normal de prendre. Bref, une sorte de "The Osbournes" à l'anglaise, complètement guindé et barré en même temps. Croustillant.
 
Passons sur tout le cynisme que tout ça cache (le ministre sur-payé pour l'émission - 23.000€-, la ménagère sous-payée -1.500€).

 
Puis reportage sur une série télé politique américaine (réalisation Soderbergh) où des politiciens jouent leur vrai rôle. Un journaliste français interpelle l'un d'eux lors d'une conférence de presse. Question: "N'avez-vous pas peur de mélanger la politique et le spectacle?" Hillarité générale dans la salle. Le politicien lève les bras, l'air de dire: "Vous avez votre réponse".
 
Quand on entend, juste après cela, quelques détails sur le projet de télé-réalité politique qui s'est fait torpiller par le conseiller en communication de Raffarin ("Après la canicule, c'est n'est pas le moment de faire le mariole à la télé") - une sorte de "Conversation au coin du feu" moderne, où le politicien pourra déblatérer son programme dans un autre environnement - on se dit que, décidément, c'est pas la même culture... Et je me mets à douter sur laquelle je préfère.

13:37 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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