31/10/2003

Eloge du vide

Bien plus que pour la concurrence, techniquement plus élaborée (Metal Gear) ou au gameplay plus riche (Splinter Cell), j'ai une véritable préférence pour Tenchu. Oui, j'avoue, le jeu n'est pas franchement beau et les petites nouveautés de cette "colère divine" ne sont vraiment pas déterminantes. Mais la qualité de base de ce jeu - ce qui fait qu'on rentre dans le trip comme on dit - vient pour moi justement du fait qu'il ne fourmille pas de gadgets ni d'une scénarisation mortelle.
 
Ce qui frappe avec ce jeu, c'est qu'il exacerbe jusqu'à l'extrême le sentiment de solitude. Ici, non seulement aucune illusion de communication ne vient perturber le cours des opérations, mais la menace qui peut peser sur le joueur n'a rien de social (aucun risque de se retrouver confronté à une horde armée à la moindre alarme).
 
Plus profondément, le jeu se limite à une succession ininterompue de 4 phases: l'approche de l'ennemi, la recherche d'un poste d'observation, l'attente du moment propice (longue), et l'attaque (rapide et furtive, idéalement). C'est évidemment ces deux temps qui sont les plus jouissifs: la jonction entre le temps creux et le temps plein, entre une certaine forme d'ennui et l'explosion de l'action.
 
Mais surtout, c'est la satisfaction du vide fait autour de soi, cette exaltation à arpenter des niveaux pour jouir de la solitude, du sentiment de posséder la carte. Ce bout de temps perdu, inutile dans l'économie même du jeu, est, aussi, un moment de plaisir rare.

16:42 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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