22/10/2003

Patinage sur savons.

Pas résisté bien longtemps: l'envie de re-vérifier à quoi ressemble Fight Club (même en véheffe) me taraudait d'autant plus que 2-3 journalistes, un peu désemparés de ne pas avoir de quoi s'indigner depuis quelques semaines, en ont remis une couche sur le thème de la crétinerie et du proto-fascisme. Ce à quoi, à force de l'entendre, je commençais doucement à acquiescer. Bref il était grand temps de remettre les pendules à l'heure.
 
Sans crier au chef-d'oeuvre, je continue à trouver ce film bon, très bon même. Pour autant qu'on le prenne pour ce qu'il est: rien de plus qu'une saillie adolescente. Ce côté révolutionnaire-mais-pas-trop (on détruit les organismes de cartes de crédit mais pas les banques), son autosatisfaction glauque (on s'entre-tape sur la gueule par narcissisme pervers plus que par fantasme facho), ses théories crétines d'enfants de soixante-huitards un peu attardés et surtout, surtout, la naïveté qui enrobe tout ça. Si j'aime ce film, c'est parce que je sens bien que Fincher y croit à fond les ballons, à ce qu'il raconte. Qu'il doit se dire qu'il a bel et bien trouvé LE discours révolutionnaire de la modernité (vous n'êtes pas ce que vous achetez, non sans blague!). Bref, qu'il n'a absolument aucune distance par rapport à ce qu'il filme. D'où un film plein d'erreurs de goût, qui frôle toujours les limites de la bienséance morale, et qui en retire tout son sel. Si je regarde toujours ce film avec plaisir, c'est, je crois, parce que j'attend toujours qu'il parte à la faute et qu'il ne le fait jamais vraiment.
 
Et je continuerais à trouver ça toujours plus touchant, frais, vivant que tous ces grands pensums tristes qui se gargarisent à la pudeur.

17:42 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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