30/09/2003

"Le cinéma est comme la musique"

Mulholland Drive m'a toujours un peu posé problème (y a des films, comme ça, qui parfois se laissent plus difficilement saisir). Pourtant, à chaque revoyure - comme hier - sa beauté me saute systématiquement à la gueule. Sauf que je n'arrivais toujours pas à trouver d'où elle pouvait venir, cette obscure beauté... Je gardais le sentiment qu'on est passé bien près de la pauvre chose kitschouille et clippeuse (le goût de la surexposition, de l'apparent objet-gigogne). 
 
La scène qui me chiffone, en fait, c'est celle du Silencio: beaucoup d'émotion, certes, mais elle sonne tellement ostensiblement faux qu'elle me gène. Ce qui me chagrine, je crois - j'en suis même sûr - c'est qu'il y a trop clairement une "idée" derrière cette scène, l'idée du décollement, qui est l'un des sujets du film, en gros.
 
Du coup, hop, direction les bonus (très bons d'ailleurs, interviews de Sweeney et Badalamenti qui nous apprennent énormément sur le système-Lynch). Et là, on entend Lynch dire cette phrase, qui sonne du coup comme une phrase-clé de son oeuvre: "...[la conjonction de] l'émotion et la pensée nous mènent à une connaissance intérieure". Et juste avant: "Le cinéma est comme la musique".
 
Voilà pourquoi ce film est si beau, si on y comprend tout sur le moment même mais qu'on est incapable de le reconstruire mentalement, il est construit comme de la musique et nous fait penser avec nos émotions.
 
Et voilà exactement ce qui me bloque dans la scène du Silencio: trop de pensée, trop d'émotion, mais pas de conjonction... pas de musique. 
 
Juste une nouvelle preuve que c'est par les ratés qu'on découvre les beautés des films.

20:11 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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