28/09/2003

Episode 2: Tu n'as rien vu... au cinéma.

Ou: DVD, mon amour.
 
Résumé de l'épisode précédent: où va se loger cette bonne vieille clandestinité cinéphilique, cet amour en dehors de tout bon goût dominant à une époque où le cinéma lui-même fait partie du bon goût dominant?
 
Autant l'avouer: je suis un brin autiste, voire même doucement misanthrope. Le cinéma, la salle avec ses rituels (que ce soit le rituel djeuns façon UGC ou Kiné, ou le rituel cultureux façon Arenberg où on râle - encore! - parce qu'il y a des pubs, ou encore le rituel arty-underground-branchouille à la Nova) m'emmerde. Quand je rentre dans une de ces salles, j'ai comme la désagréable impression qu'on me met une marque sur le dos, comme si on me faisait porter un sweater Nike. J'ai ce sale sentiment qu'entrer dans une salle de cinéma c'est comme supporter une équipe de foot: on ne vient pas pour voir un beau match mais pour signifier son appartenance.
 
Pour faire simple et caricatural, en sortant du Kiné on dit "c'était trop cool!", à la sortie de l'Arenberg, "c'était sublîîîîme" et à la sortie du Nova, un petit "génial" suffit amplement.
 
Reste ce petit chez soi douillet et ce merveilleux animal de compagnie, toujours affectueux: le DVD. Le lieu de toutes les réévaluations personnelles, de tous les fétichismes (non, n'insistez pas, je ne dirai pas les miens: une légère honte tout de même), cette inéffable possibilité d'échapper un tant soit peu aux abhorrés "buzz". Bref, ce luxe qui s'était un peu fait oublier: juger sur pièce.
 
Le DVD, l'avenir de la cinéphilie? De la mienne en tous les cas. Et, à moi, ça me suffit amplement.

17:30 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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