26/09/2003

Episode 1: Nos copains les cinéphiles

Postulat de base: les critiques sont des cinéphiles (j'y reviendrai dans un autre épisode, parce que ça ne va pas de soi quand même...).
 
Mais c'est quoi, être cinéphile? Deux phrases me reviennent, je ne sais plus très bien d'où elle viennent. Le cinéphile est une sorte de dandy: quelqu'un qui prend avec futilité les choses sérieuses et très au sérieux des choses futiles. Et surtout: le cinéphile c'est celui qui aime un film pour des raisons autres que celles pour lesquelles il a été réalisé.
 
Bref il y aurait comme une sorte de prétention et de clandestinité à être cinéphile: être cette personne au milieu de la foule qui aime un film malgré tout et surtout, malgré les autres.
 
Vision un peu datée de la cinéphilie, forcément, où le cinéma était cette chose un brin ingrate, soit un divertissement vulgaire soit la captation du théâtre (mh, à priori, une sorte de généalogie perso de la cinéphilie ne serait pas inutile...). Correspond-elle à une époque où le cinéma est un divertissement noble et le divertissement est élevé au niveau de l'art (c'est pas moi qui m'en plaindrai, et d'ailleurs, est-ce tellement nouveau)?
 
Parce qu'à lire l'article de Newsweek (voir les films suffit largement, mais bon l'article a l'avantage de tout mettre noir sur blanc), nous en sommes arrivés au point où la cinéphilie aussi est prise en compte par les studios (voir un film comme Spiderman, ou Hulk, par exemple même si ce dernier est un échec). Bref, où est la clandestinité, ce plaisir un peu secret que tout cinéphile digne de ce nom recherche (aimer un film que personne d'autre n'aime et avoir de bonnes raisons pour ça)? Sauf que, peut-être, ces films méconnaissent un peu trop la cinéphilie (en tous les cas la mienne): la préférence du détail à l'ensemble, le goût de l'image plutôt que le scénario, le plan plutôt que la scène, etc...
 
Parce que si j'aime un film comme Dead Zone par exemple (pourtant l'un des moins bons Cronenberg), c'est peut-être d'abord pour ce petit bout de plan où le héros tape la neige de ses chaussures - comme sa mère lui avait appris - avant de voler le fusil de son père. Parce que ça m'apprend beaucoup plus sur les motivations du personnage, et introduit beaucoup plus de doute, que tout ce que le scénario nous raconte.
 
Ou si je préfère nettement Darkman à Spiderman (pour prendre deux films de Raimi, aux similarités claires), c'est que le premier a ses petits plans nerveux, angoissés et rigolards qui manquent tant au second. Trop conscient de son statut d'auteur en somme - une autre plaie du cinéma français, faudra que j'y revienne aussi d'ailleurs.
 
Brrrr, tout ça est très décousu, a plein de trous partout et a encore besoin d'être plus creusé. Du pain sur la planche, quoi.
 
To be continued.

21:10 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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