19/09/2003

La rtb de notre jeunesse, elle était belle quand même

Ouf enfin, du frétillement, du mouvement, un peu de vie dans ma télé. Du nouveau? Ah non, ça, pas vraiment par contre. C'est plutôt du vieux, du tout vieux (en temps télé s'entend) qui redonne un peu de fraicheur.
 
Toute fierote d'avoir 50 ans dans le dos, la télé nous repasse ses heures de gloire et franchement, après un premier éclat de rire (purée les looks!) ça fait quand même du bien de retrouver une époque où les failles dans le flux nous faisaient voir qu'il y avait des gens qui bossaient là-derrière.
 
Hier donc, redif' d'un journal du 17 décembre 1985: on vient d'arrêter Carette et 2 autres membres des CCC. Jean Gol fanfaronne (ouééé on a arrêté des terroristes alors qu'en France, en Allemagne et en Italie, ils courent toujours). Françoise Vandemoortel (je crois que c'est elle) annonce des sujets qui se succèdent. Et c'est là que franchement, on se dit que ça nous change une télé, 18 ans.
 
Premier sujet: comme toujours oscillant entre grandiloquence - la flopée de gendarmes "le doigt sur la gâchette", les commandos "motivés" - et goguenardise, Jean-Claude Defossé fait un petit topo des forces de l'ordre sur le terrain et interroge un commado devant la prison de Forest.
 
Defossé (très belle veste en mouton retourné, petite moustache à la Edwy Plenel: la classe de gauche): alors, qu'est-ce que vous surveillez?
Le commando: beeeen la sortie et puis le gendarme, là
Defossé: celui-là?
Le commando: wé, celui-là dans le combi
Defossé (désignant la mitraillette): vous savez tirer?
Le commando (un peu fier): ah ben wé
Defossé: ça tire bien un commando?
Le commando: wé, il faut hein.
 
C'est tout: voilà, sujet inutile, aucune info, mais on le cache pas. Mieux, on s'en moque. Alors qu'aujourd'hui on aurait trouvé n'importe quoi pour cacher le manque d'infos (les exemples abondent).
 
2e sujet: Charleroi. "Impressionnant dispositif policier dans la rue..... (me souviens plus du nom)". Images: un combi, deux flics taillant le bout de gras et une herse à terre. On a trouvé la planque des 2 complices de Carette. Un peu de blabla sur fond de musique digne des plus grands moments de la Cannon (ouais celle avec Chuck Norris), puis dans le même sujet, cut, puis la suite dans une forme totalement différente (plus de musique, autre voix, autre discours). On est à Namur où ils avaient braqué un Quick quelques temps plus tôt.
 
Alors là, c'est la guéguerre des centres de production qui est carrément mise en pâture: non seulement on se tire dans les pattes entre centres régionaux mais en plus on a même pas la même notion de l'info. Et là encore, on ne s'en cache pas.

Malgré le petit reliquat de mesquinerie qu'il y a dans tout ça, on ne peut pas s'empêcher de regretter cette époque où toute image avait toujours un sous-texte: la vie dans la "Grande Maison" avec ses guéguerres syndicales, ses forts en gueule, ces gens qui ne s'en laissent pas conter et qui le montrent. Mmmh, ça croustille sous la dent.
 
Et pendant ce temps-là sur TF1, Cauet tentait vaguement de nous vendre son concept frelaté en posant les sempiternelles questions à Doc Gyneco sur son stress, son mode de vie. Seule pseudo nouveauté, le gars a un tensiomètre sur le doigt: même les rires n'avaient aucun entrain et Cauet semblait aussi enthousiaste qu'un sidérurgiste devant son C4 (la palme revenant à ses cris de joie quand la bazar arrive dans le rouge. Seul événement possible dans sa machinerie: que tout cela fonctionne).

13:47 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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