16/09/2003

La France, les joints et les vieux

20h00, France 2, le Journal.
 
Sujet sur la nouvelle loi sur le cannabis: quelques chiffres sur fond d'images qui font sujet (des mains qui égrennent la beuh, des joints qui se roulent, des jeunes qui tiennent les murs). Les chiffres: la consommation de cannabis aurait doublé en France en 10 ans. Un jeune sur deux aurait déjà fumé un joint. 90% des affaires judiciaires liées à la drogue concernent le cannabis. Ouh làà, se dit-on, voilà des chiffres impressionnants.
 
Impressionnants, mais qui ne disent pas grand chose d'autre que leur propre existence. Bon voilà, le joint est entré dans les moeurs des jeunes se dit-on et ça crée un problème judiciaire certain. Mais où est le vrai problème? A-t-on des chiffres sur une éventuelle recrudescence du décrochage scolaire qui en serait la conséquence? De l'augmentation de la délinquance juvénile? Bref n'est-ce pas le cas flagrant d'une loi qui ne suit pas l'évolution des moeurs, tout simplement? Mhh, chouette alors, enfin une réflexion de fond sur un problème de société.
 
Ben non, suit juste l'explication de la solution qu'y apporte le gouvernement français. Et alors là, on tombe un peu sur le cul quand même: outre une amende pour remplacer la poursuite judiciaire, on apprend que le mineur peut se faire confisquer son scooter, voire son GSM! (parce que bon, faut pas déconner, le blé, c'est pas le leur donc ils s'en foutent).
 
Alors là, je me dis que le paternalisme du gouvernement français est quand même assez extraordinaire: après avoir accusé la population d'avoir laissé crever les vieux, voilà qu'elle confisque les GSM aux gosses qui fument des joints. A quand le rétablissement de la fessée? Est-ce qu'on va envoyer dans leur chambre les tagueurs, avec gendarme de faction à la porte (et à la fenêtre, parce qu'on les connaît, ces jeunes, capables de faire le mur, en plus)?
 
Et on entend juste après le commentaire d'un jeune qui dit que si ça continue, ça va péter. Forcément le jeune en question est black et on se laisse aller à croire que c'est un de ces fameux "problèmes de banlieue". Eh ben non, j'y crois pas trop: je crois plutôt que ce discours fait écho à celui qu'on pouvait entendre juste avant '68 (sans la politisation), où les jeunes se plaignaient justement de ce même paternalisme, de l'incompréhension totale du gouvernement envers leur réalité à eux.
 
Comme quoi, ce n'est pas parce que le parti au pouvoir a changé de nom qu'il n'est pas gaulliste: il est juste pire que ça, gaullien, avec toute la morgue de vieux con que ça comporte.

13:00 Écrit par max_renn | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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